C’est le procès d’une banque : Natixis, filiale du groupe BPCE, jugée au tribunal correctionnel à partir d’aujourd’hui lundi 29 mars. Sa faute : avoir sous-estimé, auprès de ses clients, la crise des subprimes et son exposition indirecte à celle-ci.

C’est la première fois qu’une banque française est jugée dans l’Hexagone pour des faits liés à la crise financière de 2008.

L’objet de la mise en cause, c’est un communiqué sur ses résultats du troisième trimestre en 2007. La filiale du groupe BPCE assure alors que les risques pour la banque sont « limités ». Pas de quoi s’inquiéter pour ses actionnaires.

Seulement voilà, la jeune banque, qui a fait son entrée en bourse un an plus tôt en 2006, voit son action s’effondrer de 19.55 euros lors de son introduction, elle passe à moins d’ 1euro en 2009, n’arrivant pas, depuis, à se refaire une santé.

Les petits actionnaires se sentent alors trompés. L’association qui les défend porte plainte pour «diffusion d’informations trompeuses» et «présentation de comptes inexacts».

 

Au cours de la longue procédure judiciaire, la banque se défend : il était impossible pour elle d’anticiper les conséquences de cette crise. Natixis considère avoir fourni au public, toute sincérité, les informations dont elle disposait sur ses expositions, au fur et à mesure de l’identification de leurs risques sous-jacents».

Si elle est reconnue coupable, Natixis risque  jusqu’à 7,5 millions d’euros d’amende.

 

La maison-mère BPCE a par ailleurs annoncé son intention de retirer sa filiale Natixis de la cote, en rachetant au prix de 4 euros par action, soit 5 fois moins que le prix de lancement en 2006. De quoi attiser un peu plus la colère des investisseurs.

Marion Payot