La Chine est le premier importateur mondial de brut, et le deuxième consommateur après les Etats-Unis. Alors quand la Chine tourne au ralenti, la demande de pétrole baisse (estimée à -20% par Bloomberg), ce qui représente 3 millions de barils par jour en moins et une baisse de 3% de la production mondiale. Ce qui veut dire que, par effet de balancier pour écouler les stocks, les prix baissent.

L’épidémie pourrait faire baisser durablement les cours, autour des 50 dollars le baril, un plus bas niveau depuis un an. Ce choc pourrait être le plus important depuis la crise financière de 2008.

Qu’est-ce qui peut soutenir la baisse du cours d’or noir ? Le secteur aérien est particulièrement touché par la crise sanitaire. Le trafic aérien chinois, fret comme passagers, pourrait s’effondrer de 70%, ce qui signifie bien sûr, un recul de la consommation de kérosène. A cela, on peut rajouter une diminution des liaisons ferroviaires et du trafic routier, pourtant normalement élevé pendant ces moments de fête.

L’épidémie pourrait donc provoquer un excédent d’offre sur le marché du pétrole, des stocks qui s’amoncellent et que l’économie aura du mal à absorber. Les pays de l’OPEP se réunissent en ce moment à Vienne pour tenter d’endiguer le problème et devrait donner rapidement des recommandations de baisse de production. Aujourd’hui jeudi, les cours ont quelque peu rebondi. Mais ça ne pourra pas être durable.

Sahara Cohen