La crise du coronavirus a eu beau passer par là, des flots d’argent ont été déversés dans l’économie, les élans écologistes ou simplement soucieux de l’environnement persistent. Il faut en faire plus. Plus que les simples annonces de neutralité carbone, où bien souvent les entreprises rachètent des crédits carbone ou plantent des arbres. Alors qu’attend-on ? demande Nicolas Dufrêne, directeur de l’Institut Rousseau.

Selon lui, au lieu de « subventionner des pertes » dans des secteurs comme l’automobile ou l’aérien, il faudrait « conditionner toute aide publique à des trajectoires » de réduction des activités polluantes, voire à terme une « annulation conditionnelle des dettes publiques détenues par les Etats », via bien sûr, la Banque centrale européenne qui détient plus de 2300 milliards de titres de dettes d’Etats européens. C’est elle qui pourrait mettre un terme à ces dettes. Que dire des pertes engendrées ? Les dettes non remboursées viendraient augmenter le passif du bilan de la BCE, puisque c’est un actif en moins, « mais cela n’a aucune importance », mais en gagnant une « contrepartie écologique », qui est la préservation de la biodiversité et du climat.

Et l’aspect juridique ne serait, pour Nicolas Dufrêne, pas un obstacle si l’on justifie des circonstances exceptionnelles.

Comme une évidence : « On ne fera pas plus de transition écologique avec moins de moyens ».

Aude.K