La désignation du candidat LR pour 2022 prend la forme d’un mauvais jeu de l’oie. A chaque fois que le parti avance d’une case, un imprévu l’en fait reculer de deux.

Dernier épisode en date : Xavier Bertrand a posé des conditions drastiques pour participer au congrès LR du 4 décembre. L’ancien ministre de la Santé souhaite qu’un seul nom – le sien – soit soumis au vote des adhérents. Il veut « rassembler » ses concurrents en amont. Comprendre : obtenir leur ralliement, au nom de son avance dans toutes les enquêtes d’opinion.  Sur le fond, seules des nuances séparent Bertrand et Pécresse, tous deux représentants d’une droite modérée, hostile à tout rapprochement avec l’extrême droite. Ils ont tous deux claqué la porte de LR en contestant la ligne droitière défendue à l’époque par Laurent Wauquiez. Gaulliste social, Xavier Bertrand s’affiche en élu proche du terrain, adepte des solutions pragmatiques, en représentant des « territoires » contre le centralisme parisien. Il veut s’adresser en priorité aux classes moyennes et catégories populaires.

Comment Valérie Pécresse compte-t-elle se démarquer ? Peu éloignée de son concurrent Xavier Bertrand sur le fond, la candidate à la présidentielle, s’en éloigne par la méthode et la stratégie avec l’idée de le marginaliser coûte que coûte. Elle annonce : « Il faudra faire les réformes très, très vite. Nous sommes en train de travailler à un projet clé en main pour le 24 avril 2022 [date du second tour de la présidentielle, NDLR] », glissant avoir déjà fait voter cet été au Conseil régional d’Ile-de-France « 80 % du programme » sur lequel elle avait été réélue en juin. Peu convaincant !

Mais surtout, elle surjoue la carte du collectif et se dit prête à se plier « aux règles du jeu » fixées par sa famille politique et a confirmé son intention de se frotter au suffrage des militants avec l’ambition de faire du Congrès une primaire fermée, et non un sacre. Elle se pose en bonne élève de la droite, soucieuse des règles collectives et de la démocratie interne.  Valérie Pécresse, ou le miroir inversé de Xavier Bertrand adepte d’une stratégie de soliste et rétif à toute méthode de départage !   Ce retour au bercail est stratégique : Valérie Pécresse veut obtenir l’appui financier et militant des Républicains qui est crucial.

Deuxième axe de sa stratégie, « Valérie la Parisienne » doit devenir « Valérie la fille d’à côté ». Ses proches veulent gommer son image de Versaillaise et la transformer en fille du peuple.

« Sur le terrain, les gens voient en elle un côté Chirac », assure un pilier de son équipe. « Elle adore la campagne. Elle passe sa vie dans les trains ». Une fois qu’ils l’ont rencontrée, les Français nous disent même : « En fait, elle est vraiment sympa ».

La recette miracle pour dévoiler « la vraie Valérie» ? Un passage obligé par l’émission « Ambition intime », de Karine Lemarchand sur M6. L’épisode est déjà en boîte il devrait être programmé prochainement…

Valérie Pécresse qui a aussi décidé d’assumer sa féminité… « l’heure des femmes est venue» répète-t-elle à qui veut l’entendre :Être une femme dans la campagne, c’est un atout, elle en est persuadée. Et on peut compter sur elle pour le mettre en scène.

Valérie Pécresse a visiblement décidé d’enclencher la seconde avant le Congrès de décembre : deux grands meetings dans les tuyaux. Et des déplacements tous azimuts : récemment en Alsace, puis en Auvergne et dans le Gard.  Une blague circule dans les rangs des Républicains : « Vous connaissez la différence entre Valérie Pécresse et un pitbull? Parfois, le pitbull, il lâche ». Comprendre : Valérie, jamais !

S de La H