juif

En hébreu (transcription francophone « mihou yehoudi ? ») se traduit en français par l’expression : « qui est juif ? ». Cette question donne son nom à un ensemble de débats qui eurent lieu au parlement israélien les  et 10 février 1970, sous le gouvernement de Golda Meir, qui aboutirent au vote d’un amendement de la loi du retour de 1950 qui garantit à tout Juif ainsi qu’à son éventuelle famille non juive le droit d’immigrer en Israël, dans lequel est défini comme Juif tout individu « né de mère juive, ou converti au judaïsme et ne pratiquant pas une autre religion ».

 

Selon la Halakha, la judéité se transmet par la mère, sans tenir compte de la « nationalité » du père (mais en tenant compte de son statut, s’il est Juif).
Selon les rabbins, il en fut toujours ainsi, depuis le don de la Torah sur le mont Sinaï. En effet,

  • Dt 7,3-4 interdit toute union avec les sept peuples de Canaan (les rabbins élargiront cette interdiction à tout non-Juif, déclarant une telle union nulle et non avenue sur le plan juridique), de crainte qu’« il détourne ton fils de Moi » (כי יסיר את בנך מאחרי (ki yassir ett binkha mèakhoraï)). Bien qu’il ne ressorte du sens obvie de ce verset qu’une crainte de l’influence culturelle (et surtout cultuelle), Rabbi Yohanan rapporte au nom de Rabbi Shimon bar Yohaï9, qu’étant donné que le mot yassir, est à la forme masculine, il faut lire que la crainte d’influence délétère culturelle ne concerne que l’influence du Gentil sur la fille israélite ; pourquoi le cas réciproque n’est-il pas abordé, et pourquoi appelle-t-on le petit-fils « ton fils » ? Parce que l’identité nationale ne demeure qu’en l’enfant d’une femme israélite, et non en l’enfant d’un homme israélite qui se marie avec une fille du pays. (T.B Kiddoushin 68b)
  • 10,10-11 rapporte la colère d’Ezra le Scribe devant l’union avec des « peuples du pays et des femmes étrangères » ; le scribe ordonne le renvoi des femmes étrangères, et de leurs enfants. Pourquoi se limiter aux femmes ? Parce que le fruit de l’union d’une femme israélite et d’un homme égyptien est considéré comme « étant de la communauté d’Israël »