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Robots agricoles : où en est-on en France?

Limitation de la consommation d’intrants chimiques, réduction de l’impact sur les sols, allègement de la charge de travail pour l’exploitant, amélioration du bien-être animal dans les élevages… Identifiée comme l’un des piliers de la troisième révolution agricole, la robotique est porteuse de grandes promesses pour aider le secteur à relever les défis qui l’attendent. Et si les freins à son développement sont encore nombreux (fiabilité, sécurité), les robots sont déjà une réalité sur le terrain.

La robotique dans l’élevage

  • Traite

Parmi les activités agricoles, la traite quotidienne des vaches est l’une des plus contraignantes. Apparu dans les années 1990, le robot de traite est en quelque sorte la « star » du matériel robotique en agriculture : en 2019, on estimait qu’environ 10% des exploitations laitières en étaient équipées en France (source : Idele). Installé au cœur de la ferme, le robot assure une traite autonome : nettoyage des trayons, évacuation du premier lait, traite, désinfection. Il permet à l’éleveur de connaître en temps réel la quantité de lait obtenue par trayon et par vache, mais aussi de détecter d’éventuelles maladies – le tout au prix d’un investissement considérable, autour de 150.000€ le robot mono-stalle. Cinq grands constructeurs se partagent le marché en France : Lely, DeLaval, BouMatic, GEA et Fullwood.

  • Alimentation des bêtes

L’alimentation est le premier poste de travail dans l’élevage, et le deuxième dans les exploitations laitières. Dans ce domaine aussi, l’automatisation est une réalité : distributeurs de lait pour les veaux, distributeurs automatiques de concentré (DAC), repousse-fourrages… Des robots d’alimentation, qui prennent en charge tout le processus, sont déjà commercialisés (GEA, Lely, Trioliet, entre autres), mais ils nécessitent une réflexion poussée sur l’implantation du matériel dans le bâtiment et les coûts de production. En 2018, on estimait à 160 le nombre d’élevages équipés en France (source : Idele).

  • Raclage des déjections

Les derniers robots de raclage permettent de nettoyer les aires de circulation des bêtes, et adaptent leur activité en fonction de la propreté des différentes zones. L’offre commerciale est large (CRD, Delaval, Joz, Lely, Fullwood, entre autres). Deux options existent : le raclage des sols caillebotis, où le lisier s’écoule au niveau inférieur, ou le raclage des sols pleins, où le robot aspire le lisier dans sa propre « réserve » et va le déposer dans une zone de décharge.
Pascal Xicluna / Ministère de l’Agriculture

La robotique dans les cultures végétales

  • Binage et désherbage des cultures maraîchères

Par sa – relative – simplicité, le travail mécanique du sol est l’une des missions que les robots sont déjà en mesure d’assurer dans les champs. Dotés de GPS et de caméras leur permettant de suivre les rangées de cultures, les robots assurent un travail efficace à l’aide d’outils rotatifs : socs de binage, herses, bineuses étoiles… Le robot Dino, de la jeune entreprise toulousaine Naïo, en est un exemple assez abouti : en constant développement, il est désormais capable de désherber entre les rangs, mais aussi entre les plants d’un même rang, à l’aide d’une intelligence artificielle de plus en plus performante. D’autres sociétés, comme Carré (robot Anatis), développent des produits dans ce domaine.

  • Tonte

Déjà bien présents dans les jardins en France, les robots de tonte pourraient devenir une réalité dans les exploitations agricoles. L’objectif : contrôler l’enherbement des parcelles de vignes ou d’arboriculture, sans avoir recours au désherbage chimique avec ses conséquences, parmi lesquelles la dissémination de résidus de pesticides dans les cours d’eau et les nappes phréatiques.

  • Enjambeurs viticoles

Depuis de nombreuses années, la viticulture fait office de terrain d’expérimentation pour les robots agricoles. De nombreux constructeurs commercialisent déjà des robots enjambeurs (Vitibot, Exxact, Naïo…) porte-outils, qui peuvent assurer des travaux divers dans les parcelles – travail mécanique du sol, pulvérisation de précision – en épargnant les ceps et en s’adaptant aux conditions météorologiques et aux terrains escarpés.

  • Collecte de données

Pour améliorer les rendements des cultures et limiter la consommation d’intrants, une connaissance fine des parcelles est indispensable. Le « scouting », l’une des branches de la robotique agricole, conçoit des robots collecteurs de données, permettant de connaître l’état des sols, d’estimer l’hétérogénéité d’une parcelle ou de détecter les adventices. Plusieurs techniques coexistent : télédétection par satellite, survol par drone, ou encore proxidétection au niveau du sol.

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