Ma p'tite culotte

Ma p’tite culotte

Pendant des siècles, femmes et hommes vécurent sans cet accessoire qui est une invention relativement récente, et son « utilité hygiénique » l’est encore plus !

 

Depuis la nuit des temps, et encore au moyen-Age (401 – 1500), femmes et hommes allaient les fesses nues sous, respectivement, leurs jupes et leurs pantalons et ce, jusqu’au milieu du XIX° siècle (1801 – 1900), et personnes ne s’en offusquaient !

 

Bien au contraire, la bienséance voulait que les femmes vertueuses devaient aller sans culotte, et que cette dernière (ancêtre du pantalon) était réservée aux femmes aux mœurs légères ! (© Le Nouvel Obs)

En effet, une femme de qualité se contentait d’un jupon ou d’une chemise de toile fine, ornée de dentelle d’Alençon et elle ne porte aucun « culotte » dessous, malgré la tentative infructueuse de Catherine de Médicis, à l’époque de la Renaissance (1400 – 1601), d’introduire la culotte pour la femme, qui est, à l’origine, un vêtement moulant porté exclusivement par les HOMMES, qui couvrait séparément les jambes, de la ceinture aux genoux ou à mi-mollet ; de nos jours, ce vêtement est appelé « pantacourt ».

 

D’ailleurs, l’expression « porter la culotte » ne fait pas référence au sous-vêtement, mais au pantalon ; par opposition à la jupe.

Ce n’est que dans les années 1800 que « le pantalon de lingerie » commença à être porté comme sous-vêtement.

Il fut importé d’Angleterre (pays au combien puritain) où il était porté par les jeunes filles lors de leurs séances de gymnastique. A l’époque, on lui prédit un avenir éphémère, car celui-ci dépassait très légèrement de la robe, à la hauteur des chevilles ! (© Chronique de la France et des Français ; LAROUSSE)

Les stylistes le fit, alors, plus court, et comme, par sa longueur, il ressemblait à l’ancien vêtement d’homme, ils appelèrent ce nouveau sous-vêtement « culotte ».

 

La culotte remplaça alors progressivement, jusqu’en 1930, les pantalons de lingerie, fendus ou non, que portaient auparavant les femmes sous leurs robes. (© Histoire imprévue des dessous féminins ; Cécil SAINT-LAURENT)

 

A cette époque, la mode des robes moulantes rendirent ces culottes gênantes, et plutôt que de revenir en arrière et ne pas en porter (soit disant pour des raisons d’hygiène), la mode créa la culotte courte (également appelé : short) qui s’arrêtait au-dessus du genou. (© Chronique de la France et des Français ; LAROUSSE)

 

Les années suivantes firent raccourcirent la culotte et lui donnèrent le visage qu’on lui connaît désormais, jusqu’au string des années 1980 ; et là, c’était pour la discrétion.

 

Si on veut respecter l’évolution « naturelle » des choses, l’étape suivante devrait être sa disparition complète, et ainsi revenir à un fait plus juste ; car il apparaît que l’homme (dans le sens générale du terme) l’utilise comme sous-vêtement depuis moins de 2 siècles !

 

Et puis dans d’autres pays, jusqu’à très récemment, porter un vêtement sans dessous était quelque chose de courant ; comme le kimono japonais (cf : les films traditionnels), le sari indou, le paréo tahitien, et le célèbre kilt écossais !

 

Avant et après Catherine de Médicis, les femmes, de grande comme de petite condition, se trouvaient entièrement nues sous leurs vêtements, et il fallut attendre bien plus tard pour voir apparaître la petite culotte !

 

La nudité, sous la robe, sera même l’objet de bien des aventures et mésaventures. Ainsi, la chute de cheval de Mme de La Fayette fera bien rire Louis XIV.

 

C’est au cours de la révolution française (vers 1790) que le pantalon (inventé par les Gaulois) refit surface grâce aux révolutionnaires qui l’arborait en signe de contestation : c’est pourquoi les aristocrates les appelèrent des sans-culottes.