Le secteur aérien, avec 90% des avions sont cloués au sol, va amorcer son redécollage, lentement mais sûrement. Le retour à la normale est encore très loin, peut être deux trois ans selon l’Association internationale du transport aérien, mais certaines liaisons vont reprendre dès le mois de juin. La compagnie Easyjet a par exemple annoncé hier une reprise de vols intérieurs essentiels en France et au Royaume Uni. Air France devrait assurer 15% de ses capacités de vols habituels juin.

Ce qui peut se passer, ce sont ces « bulles de voyage » qui vont apparaitre un peu partout sur la planète. L’idée de cette « bulle de voyage », ce sont des liaisons aériennes qui reprennent de manière soutenue, sans contrainte de quarantaine, entre deux destinations, souvent proches. C’est le cas de l’Australie et la Nouvelle-Zélande, des pays baltes avec la Finlande. Cette solution permettrait aux pays dont l’économie repose en grande partie sur les échanges économiques et touristiques réciproques, afin de reprendre peu à peu leur activité. La France réfléchit à la mise en place de ces corridors avec des voisins comme l’Allemagne ou l’Italie.

 

Dans le contexte sanitaire où le virus est toujours présent, les compagnies aériennes ne veulent évidemment prendre aucun risque,. Il faut rassurer les passagers, les clients. Pour cela, l’Europe via son agence de sécurité aérienne vient de publier un protocole de mesures sanitaires, dans lequel elle recommande le port du masque dans l’aéroport et l’avion, avec des passagers responsables de leur approvisionnement en masques. Des passagers qui devront aussi se soumettre à une déclaration et un contrôle sanitaire.

Mais c’est au niveau de la distanciation entre passagers que plusieurs voix se font entendre.

L’Agence européenne recommande de n’utiliser qu’un siège sur 2, voire une rangée sur deux dans l’avion, alors que le représentant des compagnies aériennes, l’IATA, demande plus de flexibilité, expliquant que cela ne permettrait pas de couvrir les coûts fixes, importants quand on fait voler un avion.

C’est une menace sévère sur la rentabilité des compagnies aériennes à long terme. Avec comme possibles conséquences : une hausse des prix des billets, la fermeture des liaisons les moins empruntées et des réductions de personnel, beaucoup de compagnies ont déjà annoncé des plans sociaux.

Hélène Samson