Emmanuel Macron est revenu au même niveau de popularité qu’il y a un an , mais beaucoup de choses ont changé. Il a certes conservé l’image d’un président réformateur, qui veut faire bouger les choses. Mais le doute s’est installé sur l’efficacité de sa politique et sur sa capacité d’être en phase avec ce qu’il avait proposé pendant la campagne.

On entend de plus en plus chez les sondeurs, les politologues et dans la bouche de dirigeants politiques hostiles au président : « Emmanuel Macron ne peut pas être réélu. Car, trop de rejets. En effet,50 % des Françaises déclarent mécontents. De toutes les façons, aucun chef de l’Etat sortant n’a jamais réussi à se faire réélire en dehors des périodes de cohabitation du temps du septennat. Pourtant, si le duel annoncé Macron-Le Pen a bien lieu, la probabilité que la présidente du Rassemblement national rassemble assez de voix pour l’emporter est extrêmement faible.

Tout le monde a en tête la présidentielle de 1995 et Edouard Balladur-lui aussi candidat du cercle de la raison-qui faisait la course en tête quand Jacques Chirac se traînait à 14 %. Et puis à deux mois du scrutin, les courbes se sont inversées : Édouard Balladur a été éliminé.

L’avenir politique d’Emmanuel Macron est très difficile à prédire et toutes les options sont possibles. Le duel avec Marine Le Pen est installé, mais on ne peut pas encore dire qu’il sera inéluctable. Il y a encore chez les Français un rejet majoritaire de Marine Le Pen, qui continue de payer son mauvais débat de l’entre-deux tours de 2017. Mais il y a aussi un rejet d’Emmanuel Macron. Beaucoup de Français le rejettent, avec une intensité très forte. Or, face à ces deux rejets, l’opinion pourra chercher une solution alternative. Que se passera-t-il si les Français rejettent à la fois le président en place et sa principale opposante ?   

Sandrine Lemonier