Lorsque la nouvelle est tombée qu’un énorme porte-conteneurs, l’Ever Given, était coincé dans le canal de Suez, bloquant l’une des principales voies commerciales du monde, Marwa Elselehdar, femme premier officier à bord d’un navire égyptien, l’Aida IV, localisé à ce moment-là à des centaines de kilomètres de là à Alexandrie, a reçu une avalanche d’insultes. En cause : une fake news circulant sur le net, partie d’un site anglophone, affirmant qu’elle est la capitaine à la tête de l’Ever Given et qu’elle était, femme, responsable de la catastrophe.

« Je pensais que j’étais ciblée peut-être parce que je suis une femme qui réussit dans ce domaine ou parce que je suis égyptienne, mais je ne suis pas sûre », a-t-elle expliqué à la BBC, qui l’a contacté après qu’elle ait posté une vidéo sur Instagram, expliquant qu’elle n’avait rien à voir avec l’affaire Ever Given.

Selon l’Organisation maritime internationale, le secteur du transport maritime ne compte que 2 % de femmes en mer. Marwa, 29 ans, en fait partie et se dit être victime de sexisme dans la marine. Tout au long de sa courte carrière, la jeune femme affirme avoir été confrontée au sexisme à tout bout de champ. « Les gens dans notre société n’acceptent toujours pas l’idée que des filles travaillent en mer loin de leur famille pendant une longue période. Mais quand on fait ce qu’on aime, on n’a pas besoin de chercher l’approbation de tout le monde. »

Mylène Gautier