La justice française ne s’illustre pas par sa compétence. Deuxième affaire, en moins de dix jours, où le verdict en retournerait plus d’un dans sa tombe.

Et justement, de tombe, il y en a presque eu une, quand 18 jeunes ont, en octobre 2016, lancé des cocktails molotov dans une voiture de police, occupée, et qu’ils ont empêché ses occupants, des policiers, d’en sortir en les matraquant. Acte préparé et délibéré car les jeunes étaient cagoulés. Quatre officiers furent très sérieusement blessés.

Le verdict de l’appel parait irrationnel. Alors qu’en première instance, 13 des 16 jeunes (certains n’ont jamais été retrouvés) avaient été condamnés, cette fois, 8 ont été purement acquittés par la Cour d’appel et les cinq autres condamnés à des peines moins graves (de 6 à 18 ans), « à cause d’éléments de preuve insuffisants”. Acquitté par exemple, celui qui lançait un pavé à une policière, coincée dans la voiture et lui suppliant de la laisser sortir. Elle dit avoir reconnu le regard de son malfaiteur, mais la Cour d’assises a préféré croire et acquitter le prévenu. Un autre, pour lequel il n’existait aucun témoignage sur sa participation, a lui aussi été déchargé des faits dont il était accusé.

La justice française, pour ce genre d’affaire, ne peut-elle pas se donner les moyens de mener une instruction digne de ce nom ? Que vaut la vie de ces policiers et que vaut l’exemple donnée par l’acquittement parce qu’on n’a pas voulu en savoir plus ?

 

Le verdict dans cet appel a tourné à la baston générale dans le tribunal, des accusés qui attendaient leur jugement s’étant mis à se battre, avant de s’en prendre aux gendarmes les accompagnants.

S’ils recommencent alors qu’ils sont encore dans le tribunal, que se passera-t-il une fois dehors ?

Pauline de Grandemaison