Le média allemand Die Welt indique que «jusqu’à récemment, les Etats-Unis fixaient le rythme des prix du pétrole et de l’approvisionnement en gaz», mais que la volonté de Joe Biden d’aller vers plus d’énergie verte provoque les nouveaux flux de trésorerie des investisseurs qui provoquent un changement. L’ampleur de la perte de pouvoir des Etats-Unis est, donc, illustrée par un appel à l’aide désespéré, adressé au plus grand ennemi autrefois », écrit la publication. 

Die Welt a rappelé que quelque chose d’incroyable s’était produit il y a près d’un an et demi, le 20 avril 2020. Pour la première fois dans l’histoire, le prix du pétrole est tombé à des valeurs négatives avec un baril de pétrole américain au cours du WTI (West Texas Intermediate) qui a commencé à coûter moins de 37 dollars. « Donc, celui qui a acheté du pétrole cet après-midi-là était payé pour cela», explique le quotidien, précisant que c’est «une catastrophe pour tous les investisseurs». Durant cette période, la demande s’était effondrée. Cela était dû au fait que la moitié du monde se trouvait littéralement enfermée en raison du confinement et des lois sanitaires. L’économie mondiale se redresse maintenant et avec elle le prix du pétrole. Un baril au cours du WTI (159 litres) coûte actuellement environ 70 dollars. C’est plus qu’en 2019, l’année d’avant la pandémie. 

La publication note que cela s’accompagne d’un nouveau problème : « le prix est désormais trop élevé pour les Etats-Unis et ils «ont un besoin urgent de cotations en baisse. Car il devient maintenant clair que Washington perd de son influence. La plus grande économie de la planète perd son emprise sur le pétrole ». 

Die Welt souligne que Washington a appelé l’OPEP, qui fixe les prix du pétrole, à augmenter la production. « Cet appel est un signal qui donne à réfléchir. Les Etats-Unis, un pays qui ne rêvait que récemment d’une « domination énergétique mondiale », perd de son influence sur les marchés des matières premières. Les Etats-Unis ne peuvent plus intervenir dans une situation où l’offre est limitée et les prix élevés. Jusqu’à récemment, tout était complètement différent », note les trois auteurs tout en rappelant que Donald Trump s’est appuyé sur le charbon, le pétrole et le gaz, tandis que Joe Biden veut produire de l’électricité à partir de l’eau, du vent et du soleil. L’article signale que « ses objectifs climatiques sont ambitieux », car « d’ici 2035, le secteur énergétique américain devrait devenir neutre en carbone, d’ici 2050 (l’ensemble de l’économie).

Joe Biden donne le pouvoir d’influence à l’OPEP. Selon Phil Flynn, un analyste de la société d’investissement américaine Price Futures Group, l’OPEP a un impact énorme sur l’économie américaine car c’est l’administration de Joe Biden qui lui a donné cette influence. La politique du président des Etats-Unis, selon Phil Flynn s’explique par le fait que les Etats-Unis produisent moins de pétrole que par le passé. Joe Biden a créé un environnement dans lequel personne d’autre ne veut investir dans des plateformes. Sous Donald Trump, les Etats-Unis produisaient plus de 13 millions de barils de pétrole par jour. Maintenant, les volumes ont diminué à 11,3 millions de barils

Menace d’augmentation des prix sur le long terme. La banque d’investissement Goldman Sachs voit également un danger dans le fait que l’administration de Joe Biden se tourne vers l’OPEP pour obtenir de l’aide. Selon son analyste Damien Courvalin, il est désormais important que les pays hors OPEP augmentent leurs investissements afin de ne pas devenir dépendants du cartel. Si cela ne se produit pas, les prix augmenteront à long terme.

Auparavant, l’ancien président des Etats-Unis, Donald Trump, avait critiqué l’administration de Joe Biden pour des négociations avec l’OPEP et la Russie sur le pétrole car, selon lui, les Etats-Unis ont assez de pétrole. Dans un article en date de 2013, le Daily Mail titrait: «Les Etats-Unis ont dépassé l’Arabie saoudite pour devenir le plus grand producteur de pétrole au monde». La chute vertigineuse de la puissance des Etats-Unis a bien eu lieu en peu de temps. 

En juillet, l’administration américaine avait appelé l’OPEP+ à trouver un compromis sur une éventuelle augmentation de la production pétrolière.

Pierre Duval