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Crise ukrainienne: les États-Unis veulent reproduire le stratagème de Kissinger

La crise ukrainienne ne permettra pas à Washington de diviser la Russie et la Chine. 

Il y a 50 ans, le président américain Richard Nixon s’est rendu en Chine pour s’entretenir avec le dirigeant chinois Mao Zedong. Cet événement avait profondément affecté le rapport des forces sur la scène internationale. Pendant la rivalité continue avec l’Union soviétique, l’Amérique avait de facto réussi à faire passer la Chine de son côté pour la transformer en son allié. Paradoxalement, Mao rêvait d’éradiquer les éléments bourgeois dans son parti et ne songeait pas à ouvrir le pays. Mais son accord avec les Américains a permis ensuite d’entamer la modernisation de l’économie avec l’aide de l’Occident. 

Les chercheurs chinois contemporains louent Mao pour avoir sorti la Chine d’isolement et suggèrent à Pékin de revenir à une politique d’équilibre entre Washington et Moscou. Mais le gouvernement chinois estime que dans les conditions de la confrontation avec les États-Unis il ne peut pas remettre en question la fiabilité des livraisons de pétrole, de gaz et d’autres matières premières de Russie. 

Le voyage de Richard Nixon en Chine en 1972 a frayé le chemin à la reconnaissance diplomatique de la Chine par Washington et au rétablissement de ses droits à l’ONU. La Maison Blanche avait alors décidé de revoir ses dogmes géopolitiques. « Si les États-Unis, l’Europe, l’Union soviétique, la Chine et le Japon équilibraient la puissance l’un de l’autre, le monde deviendrait meilleur et plus sûr », avait déclaré M. Nixon. 

Mais les réflexions de ce dernier sur un monde meilleur et plus sûr étaient hypocrites. Il voyait dans le rapprochement avec la Chine une opportunité d’affaiblir l’Union soviétique. La rencontre entre MM. Nixon et Mao avait servi de puissante impulsion pour l’effondrement de l’URSS. Cet accord bilatéral avait sérieusement affecté l’économie soviétique. L’Union soviétique avait commencé à dépenser des sommes conséquentes pour mettre en place une infrastructure militaire en Extrême-Orient. Ce qui avait négativement impacté son économie. 

Du point de vue des affaires intérieures de la Chine, c’était un événement unique. L’année 1972 marque le milieu de la révolution culturelle. La décision de Mao, qui ne pensait ni à l’ouverture au monde extérieur ni à l’économie de marché, était surprenante. La révolution cultuelle a été provoquée pour éradiquer les éléments bourgeois au sein du parti et de l’élite intellectuelle. Mais six ans plus tard, l’accord a permis à Mao de proclamer la politique de réformes, et à Deng Xiaoping – l’ouverture. Après tout, il n’avait pas besoin de faire sortir la Chine d’une guerre froide. En sortant en tant qu’allié de l’Occident, la Chine a bénéficié d’excellentes conditions pour une percée économique au début des années 1980. L’Occident était prêt à l’époque à soutenir la Chine, les Américains lui vendaient même des armes, jusqu’aux événements sur la place Tiananmen en 1989. 

Aujourd’hui, quand la Russie et la Chine se rapprochent, les États-Unis se retrouvent à peu près dans la même position que l’URSS en 1972, cette analogie simple occupe les esprits des politologues américains. Mais les États-Unis pourraient-ils utiliser la crise ukrainienne pour semer la discorde entre la Russie et la Chine? Pékin y a déjà répondu, indiquant que la crise ukrainienne avait résulté de l’expansion effrénée de l’Otan vers l’est. 

Néanmoins, certains responsables américains continuent d’affirmer que puisque les échanges entre la Chine et les États-Unis atteignent 600 milliards de dollars, il reste possible d’appliquer le stratagème proposé par Henry Kissinger, secrétaire d’État dans l’administration Nixon, et de créer Chimerica, ou G2, c’est-à-dire un condominium de Washington et de Pékin sur le monde. 

Le quotidien South China Morning Post dissipe ces rêves de politologues. De facto, les relations économiques entre les États-Unis et la Chine sont aujourd’hui même pires qu’à l’époque de Donald Trump. Quant à la politique, la revue de la stratégie des États-Unis dans la région indopacifique, récemment rendue publique par l’administration Biden, en dit long. Ce document proclame que les États-Unis fourniront à cette région davantage de ressources militaires et diplomatiques afin d’empêcher la Chine de créer sa propre sphère d’influence et de devenir le plus puissant pays du monde.

Alexandre Lemoine

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