Ce lundi 3 février une femme est entrée dans une école élémentaire du Morbihan et s’est déshabillée devant des écoliers. Cette intrusion rappelle celle qui avait eu lieu le 8 novembre 2016 dans un autre établissement à Goussainville dans le Val d’Oise. Une mère d’élève s’était alors introduite entièrement nue et avait déambulé dans les couloirs avant d’entrer dans une classe de CM1/CM2 dans le plus simple appareil. Plus récemment, en mai 2018, deux hommes encagoulés ont pénétré une école primaire à Fontenay dans le Val-de-Marne.

Et que dire de ce fameux septembre 2019 où une femme a “travaillé” une partie de la journée dans un lycée des Yvelines ? La mère d’un des élèves s’était fait passer pour un professeur d’Espagnol avant d’être démasquée… plusieurs heures plus tard.

Des intrusions multiples qui posent la question de la sécurisation des établissements scolaires en France. Et pour cause : les écoles de l’hexagone sont censées bénéficier d’un niveau de sécurité “supérieur” depuis les attentats de 2015 et de 2016, selon le Ministère de l’Education Nationale.

Le corps enseignant a l’obligation de simuler, grâce à des scénarios élaborés par l’académie, les risques majeurs dont fait partie l’intrusion d’un groupe de kamikazes. Des Plans Particuliers de Mise en Sûreté ont été également mis en place par les chefs d’établissement. En cas d’attaque terroriste, les 61.860 directeurs d’école, de collège ou de lycée privés et publics, savent donc que faire…

Pourtant, comment peut-on affirmer que nos écoles sont des espaces sécurisés à l’abris des détraqués si personne n’arrive à arrêter une femme nue qui s’apprête à se toucher les parties génitales devant des petits ? Les cas cités plus haut ne sont ni des catastrophes naturelles, ni le fait d’un terroriste qui souhaite se faire exploser. Et pourtant ils soulèvent un problème majeur : n’importe qui peut-il entrer dans une école comme dans “un moulin” ? Un terroriste pourrait-il alors passer aisément le portail et se faire dynamiter dans la cohue générale ?

Certains maires, qui ont la responsabilité des écoles maternelles et primaires, ont pris les devants en postant un policier municipal dans les écoles, comme à Nice. L’initiative du maire Christian Estrosi – une première en France en 2018 – a été salué par Jean-Michel Blanquer, Ministre de l’Education Nationale. Pourtant il est matériellement impossible pour tous les premiers élus d’en faire de même. L’Etat n’est pas en reste : en 2016, Najat Vallaud-Belkacem avait annoncé la création de 77 postes supplémentaires pour gérer la sécurité dans les établissements.

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Quels constats aujourd’hui ? Ces annonces et mesures n’ont ni permis d’éviter que des mères de famille désespérées ne violentent des mineurs, ni d’éviter la fusillade du lycée de Grasse en mars 2017. Autant de faits divers qui nous renvoient à sur une angoissante question : nos enfants sont-ils en sécurité à l’école ?

J. Leclerc