Mathieu AMACHER Broker in Precious Metal – Cambist

Alors que le coronavirus s’étend sur le monde ; alors que la récession économique se déploie dans le monde ; le cours de l’Or connaît cette semaine une consolidation de 7%. On peut remarquer que le cours de l’once résiste bien à l’effondrement des marchés financiers mondiaux qui perdent en moyenne plus de 15%. Le prix de l’Once d’Or est passé de $ 1692 à $ 1577 (lorsque nous écrivons ces lignes).

Nous sommes en droit de se poser la question : à savoir si l’Or va suivre les marchés financiers ou s’il va jouer son rôle de valeur refuge ?

Depuis le début de l’année 2020, ce virus apparut en Chine s’est étendu sur le monde et cause de grande complication. Aujourd’hui, plus de trois mois après le premier cas, la question de la durée est toujours d’actualité ; pour le moment sa diffusion s’accentue. Son impact sur l’économie est indiscutable.
En Chine, l’économie est à l’arrêt. Les entreprises dans le monde qui ont pris l’habitude de se fournir en bien manufacturé rencontrent des difficultés à s’approvisionner. L’Italie est mise sous quarantaine nationale et la France débute un processus de confinement. Sans nul doute, d’autres pays vont suivre.

Pour éviter une descente aux enfers, les nations ; par le biais de leur Banques Centrales, décident d’une nouvelle politique d’assouplissement monétaire : baisse des taux d’intérêt et hypertrophie de création monétaire. Tout cela permettra des nouvelles dépenses sociales. Ce qu’ils font est bien sur honorable.
Seulement, nous n’en sommes qu’au début et les effets dévastateurs sur l’économie ne sont pas encore tous apparus. La productivité des entreprises est en chute libre, les échanges mondiaux presque à l’arrêt et ces politiques monétaires emmènent la dette mondiales à des niveaux record : sur les niveaux de 2019, la dette mondiale équivaut à 3 ans de PIB.

Depuis 2008, et jusqu’à maintenant, les politiques monétaires accommodantes n’ont pas eu les effets escomptés pour la stimulation de l’économie. Elles ont d’ailleurs eu des effets négatifs.

Pour le moment, les seuls indicateurs de l’impact sur l’économie viennent de Chine : les emprunteur ne peuvent plus rembourser leurs dettes et leurs intérêt et les banques deviennent insolvable.
Depuis l’accord de Bale 2, la valorisation des banques est directement corrélée à leurs valorisations boursières. C’est ce qu’on appelle le ‘mark to market’. Plus l’action d’une banque est haute et plus elle pourra s’endetter. Ce calcul entre dette et capitaux propre se fait au jour le jour. Et actuellement, le ratio est extrêmement mauvais. La valorisation boursière des banques s’est effondrée ; alors elles vont devoir rembourser leurs dettes.
Avant le début du krach boursier, 90% des banques avaient déjà un ratio négatif.

Le coronavirus pousse le monde vers la récession. Le prix de l’Or va monter.

L’Or est la valeur refuge par excellence. Depuis toujours, lorsque l’économie consolide, que les marchés financiers baissent et que les banques sont en difficultés, l’Or a toujours protégé. C’est avant tout parce qu’il n’est attaché à aucune dette.
A une époque (pas si lointaine), lorsque la dette souveraine était un actif peu risqué, le prix de l’Or augmentait lorsque les taux d’intérêt baissaient. Avec des taux d’intérêt négatif, c’est à dire des taux d’intérêt corrigés de l’inflation, cela laisse une possibilité de hausse infini au prix de l’Or.

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Cette semaine les marchés financiers ont connu leur pire correction historique. Le prix de l’Or a suivi la tendance d’une manière moins violente.
On peut rapprocher cette correction à celle de 2008 : les sub-primes. Le prix de l’Or avait alors consolidé de près de 20% pour ensuite voir sa cotation être multipliée par presque trois.
Pour le moment, les appels de marge et remboursement précipité de dette à court terme obligent les banques à vendre tout rapidement. Les transactions sur l’Or ne représentent que 0,5% du montant des transactions financières.
Les expériences de papier monnaie se sont toujours soldées par la faillite de nation. Si l’on se réfère à un schéma simple : que l’histoire se répète toujours, et si l’on se souvient que la masse monétaire a doublé ces dix dernières, on peut facilement croire que le prix de l’Or doublera au moins sur ces plus hauts historiques. Qui plus est, si les états accentue la création monétaire pour contrer les effets de la crise actuelle.

La consolidation du cours actuel de l’Or n’est qu’une opportunité pour accumuler.